A l’ombre de Winnicott

Ce roman me tentait depuis pas mal de temps et j’ai eu la chance de le trouver à la médiathèque. J’adore explorer les manoirs hantés et celui-ci ne manque pas d’intérêt.

Sussex, Angleterre, 1934
Fraîchement installés à Winnicott Hall, Lucille et Archibald Montgomery accueillent Viviane Lombard, une nouvelle préceptrice, venue de France, pour leur fils George, qui est aveugle.
Des phénomènes étranges se produisent au manoir. Tous ses habitants en sont témoin. Des esprits plus ou moins hostiles hantent la maison.

Cette maison me fait peur parfois. J’ai l’impression que c’est moi qui lui appartiens et non l’inverse. p.360

J’ai adoré l’atmosphère de ce manoir, passer du temps en compagnie des Montgomery, de leurs domestiques et voir la relation entre Viviane et George évoluer.

Des personnages attachants : Viviane, son franc-parler, ses infusions, le jeune George, intelligent, mâture pour son âge, surprotégé par sa mère, Lucille, la maîtresse de maison et ses cercles littéraires, Archibald, un mari souvent absent, leurs domestiques, un véritable soutien pour la famille.

Des tensions, des secrets de famille, des drames mais aussi quelques pointes d’humour. Il est aussi question de deuil, de classes sociales.

Je n’ai pas frissonné mais à un moment donné je me suis quand même dit que Lucille devrait peut-être quitter Winnicott Hall. On sent une terrible menace peser sur la famille et les hantises surprennent par leur nombre et leur intensité croissante mais j’imaginais des choses beaucoup plus ombres.

J’ai trouvé la fin assez originale et réussie. Je l’ai relue au moment de la rédaction de ce billet car je voulais éclaircir le sens d’une petite phrase anodine prononcée par un des personnages : « ce n’est sûrement rien ». p.453
S’il y a bien une chose dont je suis sûre, c’est qu’un « sûrement rien » n’augure rien de bon ! Cette phrase m’a hantée jusqu’à la fin et j’étais bien passée à côté de quelque chose de plus subtile que ce que j’imaginais !

Un seul bémol, je trouve dommage qu’il n’y ait pas une petite recherche sur les ancêtres du manoir, au fil du récit, ça aurait un peu allégé la dernière partie qui fait un peu bloc avec la résolution de certaines intrigues. J’ai trouvé que c’était un peu rapide.
En revanche, j’ai beaucoup apprécié le format épistolaire de la fin et l’épilogue.

Les histoires de maisons et de manoirs hantés se mélangent et se superposent un peu avec le temps. J’ai commencé à les lister. J’ai eu une légère impression de « déjà vu » mais pas dérangeante du tout. J’ai pensé au début de la série Bly Manor et à d’autres manoirs anglais explorés au cours de ces dernières années. Ah le charme des manoirs anglais !

Note : 4 sur 5.

C’est un bon page turner, je suis contente de l’avoir lu.

A l’Ombre de Winnicott, de Ludovic Manchette & Christian Niemiec, Le Cherche Midi, 2024

Le Challenge Halloween organisé par Lou & Hilde

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